Friday, 25th December.

Friday, 25th December.




A part le regard, je ne vois que des différences entre vous. D'apparence, bien entendu. De sensibilité surtout. Robin est un être discret et attentionné. Il a envers moi des gestes bouleversants. Entre ses bras, je ne me sens pas comme une éclopée mais plutôt comme une enfant. Il ne cherche pas à me protéger ni à me corriger, il s'émerveille plutôt de mes maladresses. C'est tellement agréable ce retour aux années de l'insouciance. Ce garçon me rend à l'innocence. Il n'hésite pas à prononcer des serments amoureux. Il n'a pas besoin de nous sentir en danger pour ça. Il ne croit pas que les mots d'amours soient des gros mots. Il ne considère pas que confesser son penchant soit déchoir. Tu prétendrais que ce sont là des comportements féminins, je t'écouterais, mais ne prendrais pas la peine de te convaincre, de te convaincre de ton erreur.



Tout le monde me demande si je t'aime encore. Et si je pense encore à toi. Ils me demandent de parler de mon c½ur si triste depuis de long mois. Je mens un petit peu, et je dis fièrement : "Cette histoire est finie" .Mais je dois avouer que certains soirs peut-être, parfois j'y pense et puis j'oublie.

# Posté le lundi 21 décembre 2009 17:23

Modifié le vendredi 25 décembre 2009 19:30

Wednesday, 02nd December.



J'ai essayé aujourd'hui, en le regardant, de le voir comme avant, avec mes yeux d'avant. Son regard m'attendrissait, il est toujours là, je le vois, mais tranquillement, calmement, la seule chose qui m'attendrit maintenant c'est de me souvenir que ca m'attendrissait, mais son regard, lui, ne m'attendrit plus. Il est loin, tout à coup. Robin, je crois, ne sait pas pour le vide en moi. Peut-être qu'il le sent, peut-être que c'est pour ça qu'il insiste vraiment. Le problème dans ce genre d'histoire, c'est la rééducation. C'est réapprendre à aimer, à rire, à sentir, à sortir, réapprendre à tout, comme une grande brulée, ou une paralysée. Mais petit à petit, ça devient comme une douleur séchée, des plaques de chagrin sclérosé, un grand soupir assourdi, et le regret, juste, de toutes les jolies choses qu'il nous restait à faire et qu'on ne fera plus. Attention, faut pas être triste non plus. Si je pleure, je tombe. On ne peut pas tomber un peu, quand je tombe c'est toujours de haut. Et j'en ai marre en même temps de faire attention. J'en ai marre aussi d'être enfermée avec tous ces sentiments que j'ai proscrits, tous ces mots que je ne veux plus dire, plutôt mourir que de les dire je me dis, à la casse les mots d'occasions déjà servis, c'est comme mon c½ur et mon corps, eux aussi ils sont d'occasion, eux aussi ils ont souffert, aimé, et alors ? Je ne vais pas me réincarner pour autant, ni me glisser dans l'âme d'une autre, ils sont là ces mots de toute façon, ils sont dans ma tête, dans ma gorge. Robin les boit en m'embrassant, il semblerait même qu'il les entende. J'ai honte, et j'ai honte d'avoir honte. J'ai honte de les penser, les mots, et encore plus honte de ne pas pouvoir les dire. J'en ai marre de ce froid en moi. Marre de ne plus jamais avoir chaud ni mal. Marre de passer à côté de la vie, du bonheur, du malheur, des gens. Merde la fausse vie. Merde le noir, le silence, l'anesthésie. Il a raison Robin, faut vivre. Faut arrêter d'avoir peur d'être vivante. C'est bien aussi la vie. Mais la vie, c'est qu'un jour Robin me quittera, il en aura marre de moi, et ce sera triste, mais ce ne sera pas tragique. Et puis la tristesse passera, elle aussi, comme le bonheur, comme la vie, comme les souvenirs qu'on oublie pour moins souffrir.


Ce que j'aime bien chez Robin, c'est qu'il n'a pas peur de tout ce qui m'empêche moi, d'avancer.




# Posté le mercredi 02 décembre 2009 17:38

Modifié le jeudi 03 décembre 2009 10:51